Melánia est la forme hongroise et slovaque de Melanie, dérivée à l’origine de l’élément grec melaina signifiant « noir, sombre » ou « à la peau sombre ». Le nom remonte au nom latin Melania, issu du grec μέλαινα (melaina), et dans l’Antiquité classique, ces noms portaient souvent des connotations positives de force, de mystère ou de beauté, héritées des figures sombres étrusques et reprises dans la piété médiévale par sainte Mélanie la Jeune, une chrétienne romaine du début du Ve siècle qui distribua son immense fortune avant de mourir en Terre sainte. En effet, la grand-mère de cette sainte, Mélanie l’Ancienne, était également vénérée pour sa philanthropie.
Bien que l’usage de Melanie et de ses nombreuses variantes ait décliné dans une grande partie de l’Occident après le haut Moyen Âge – ne revenant sur le devant de la scène qu’au XXe siècle dans les sphères anglophones et francophones, notamment grâce au personnage introverti mais résilient de Melanie Wilkes dans Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell – Melánia occupe une sphère notable mais plus restreinte dans le bassin des Carpates. En Hongrie et en Slovaquie, il n’a jamais été parmi les noms les plus courants, mais bénéficie d’une utilisation modérée et stable, souvent liée à un héritage généalogique ou à des modes romantiques venues du XIXe siècle. L’orthographe slovaque Melánia, avec son son é phonémique et son accent sur le á, est parfois prononcée ME-lah-nee-ah en raison de la tendance hyperforeign à lire l’écriture de près. Le nom puise aussi des racines spirituelles dans son apparition comme variante exotique parmi les variantes cyrilliques et balkaniques.
Dans les deux régions, le nom donne lieu à des diminutifs familiers robustes : en slovaque, la forme la plus courante est Melanka, tandis qu’en hongrois on trouve Meli, et les affinités anglaises sont souvent enrichies par l’emprunt dans les sociétés hongroises passes bilingues, apportant un charme familier par des formes abrégées telles que Mela. Ces surnoms contrastent fortement : Melanka, d’un point de vue folklorique, célèbre l’affinité d’une société entière pour les structures suffixées sur l’héritage grec ; la longueur sans accent s’adoucit dans l’épellation mélodique pour de nombreux Européens, approfondissant les aspects linguistiques d’une certaine intégration slaves multiple après des pratiques communautaires régionales.